Dans l’île de Ré – en la isla de Ré (1/2)

Esta isla se ubica enfrente de La Rochelle. Allí se accede por el puente que sale desde su zona industrial. En la playa en la extremidad de la isla, entre el faro de las Ballenas y el municipio de Les Portes (Las Puertas), un@ puede por fin darse – confesarse – por vencid@ en la gran competición mundial de la vida cotidiana.

Cette île se trouve en face de La Rochelle. On y accède par le pont qui part de sa zone industrielle. Sur la plage à l’extrémité de l’île, entre le phare des Baleines et la commune des Portes, on peut enfin s’avouer vaincu.e dans la grande compétition mondiale de la vie quotidienne.

Un@ deja de resistir, de erguirse, de luchar contra la atracción terrestre, deja que la tierra le aspire hacia lo más hondo de sus entrañas, deja que la tierra le trague todas las presiones con todos aquellos temores difusos y agotamiento acumulado en los hombros.

On cesse de lutter, de se mettre debout, on cesse de lutter contre l’attraction terrestre. On laisse la terre nous aspirer vers les tréfonds, on laisse la terre engloutir toutes les pressions avec toutes les peurs diffuses et l’épuisement accumulé sur nos épaules.

Un@ puede rendirse, abandonarse, dejarse llevar por un sueño, por una modorra, una somnolencia, un adormecimiento, una soñarrera, un sopor casi desesperad@, tan esperad@, tantas veces postergad@, anhelad@…

On peut se rendre, s’abandonner, se laisser porter par un sommeil, un assoupissement, une somnolence, un endormissement, un engourdissement presque desespéré, si espéré, si souvent repoussé, désiré…

iledere1-2… mecido en brazos del ritmo duradero, sin fin, confiado, repetitivo, de nuestra madre la mar… (lo mejor es poner los dos sonidos abajo al mismo tiempo)

… bercé dans les bras du rythme durable, sans fin, confiant, répétitif, de notre mère la mer.. (le mieux c’est de mettre les deux sons ci-dessous en même temps)

…escuchando el ritmo regular de l@s jugadores de raqueta adultos que, a pesar de pasarse la vida social compitiendo, aquí, a imitación del mar, se empeñan en durar los dos y no en vencer, en seguir lo más posible el toc-toc-toc, como el del reloj que nunca cesa, como el oleaje de la mar, de nuestra madre la mar. Toc…toc…. toc:

… en écoutant le rythme régulier des joueurs de raquette adultes qui, alors qu’ils/elles passent leur vie dans la compétition sociale, ici, à l’image de la mer, s’efforcent de durer et non de vaincre, de continuer au plus loin le toc-toc-toc, comme celui de la pendule qui jamais ne s’arrête, comme celui de la houle de la mer, de notre mère la mer. Toc… toc…toc :

Baudelaire lo vio de forma algo distinto y, claro, más hondo (encontré la traducción en este sitio):

Baudelaire l’a vu un peu différemment et, bien sûr, plus insondable

Homme libre, toujours tu chériras la mer!
La mer est ton miroir; tu contemples ton âme
Dans le déroulement infini de sa lame,
Et ton esprit n’est pas un gouffre moins amer

 

Tu te plais à plonger au sein de ton image;
Tu l’embrasses des yeux et des bras, et ton coeur
Se distrait quelquefois de sa propre rumeur
Au bruit de cette plainte indomptable et sauvage.

 

Vous êtes tous les deux ténébreux et discrets:
Homme, nul n’a sondé le fond de tes abîmes;
O mer, nul ne connaît tes richesses intimes,
Tant vous êtes jaloux de garder vos secrets!

 

Et cependant voilà des siècles innombrables
Que vous vous combattez sans pitié ni remords,
Tellement vous aimez le carnage et la mort,
O lutteurs éternels, ô frères implacables!

¡Hombre libre, siempre adorarás la mar!
La mar es tu espejo; contemplas tu alma
En el desenvolvimiento infinito de su oleaje,
Y tu espíritu no es un abismo menos amargo.

 

Te complaces hundiéndote en el seno de tu imagen;
La abrazas con ojos y brazos, y tu corazón
Se distrae a veces de su propio rumor
Con el ruido de ese quejido indomable y salvaje.

 

Ambos sois tenebrosos y discretos:
Hombre, nadie ha sondeado el fondo de tus abismos,
Oh mar, nadie conoce tus tesoros íntimos,
¡Tan celosos sois de guardar vuestros secretos!

 

Y sin embargo, he aquí siglos innumerables
En que os combatís sin piedad ni remordimiento,
Tanto amáis la carnicería y la muerte,
¡Oh, luchadores eternos, oh, hermanos implacables!

Se ve la mar de formas distintas en otras ocasiones

On voit la mer différemment à d’autres occasions

 

La frontera
La frontière

La condición humana nos condena a lindar la frontera entre tierra y cielo. Pero aquí, en la playa, además, linda el mar con la tierra.

La condition humaine nous condamne à longer la frontière entre la terre et le ciel. Mais ici, sur la plage, en plus, la mer longe la terre.

La playa se ubica justo en la frontera y nos encanta pisarla:

La plage se trouve juste sur la frontière et on adore marcher juste dessus:

iledere1-3 transgredir sin consecuencia ni riesgo.

Transgresser sans conséquence ni risque.

iledere1-4La frontera provoca también reflejos animales de protección, de inquietud, de marca fronteriza. Lleva a las familias a construir una multitud de castillos de defensa, escolleras, ciudadelas fortificadas:

La frontière provoque aussi des réflexes animaux de protection, d’inquiétude, de marche du royaume. Ça pousse les hommes à construire une multitude de châteaux de défense, de brise-lames, de citadelles fortifiées :

iledere5o – en épocas lóbregas – fortificaciones de hormigón:

ou – à des époques plus noires – des fortifications de béton :

 

iledere6que, finalmente, para regocijo de tod@s, destruirá el mar con la marea ahorrando miles de muert@s y dejando la frontera ilesa. Por eso se construyen los castillos de arena:para que se destruyan.

que, finalement, pour le plus grand plaisir de tou.te.s, la mer détruira avec la marée en faisant l’économie de milliers de mort.e.s et en laissant la frontière indemne. C’est pour cela qu’on construit des châteaux de sable : pour qu’ils soient heureusement détruits.

iledere7al contrario de otras fortificaciones construidas por la banalidad del mal:

au contraire d‘autres fortifications construites par la banalité du mal :

iledere8

Pues el mar

La mer donc

Lo dice Alberti:

Alberti, un poète espagnol, le dit (la traduction est en partie de moi donc pas transcendante)

El mar. La mar.
El mar. ¡Sólo la mar!
¿Por qué me trajiste, padre,
a la ciudad?
¿Por qué me desenterraste
del mar?
En sueños la marejada
me tira del corazón;
se lo quisiera llevar.
Padre, ¿por qué me trajiste
acá? Gimiendo por ver el mar,
un marinerito en tierra
iza al aire este lamento:
¡Ay mi blusa marinera;
siempre me la inflaba el viento
al divisar la escollera!
La mer. La mer.
La mer. Rien que la mer !
Pourquoi m’avoir emmené, père
à la ville ?
Pourquoi m’avoir deterré
de la mer ?
La houle, dans mes songes
me tire par le coeur
comme pour l’entraîner
Père, pourquoi m’as-tu amener
ici ? Gémissant parce qu’il veut voir la mer
un petit marin à terre
hisse dans les airs cette plainte :
Ah, mon maillot de marin
que le vent gonflait toujours
à la vue du brise-lames !

Para terminar esta canción que tuve en la mente todo el rato. Es de nuestro mejor cantante/poeta de blues y de jazz, Claude Nougaro. Escuchadla que suena bien, incluso para l@s que no saben francés. La traducción es mía así que tampoco es gran cosa. Trata de un hombre que se regocija porque va a juntarse con su amante en la isla de Ré…

Pour finir cette chanson de Claude Nougaro que j’ai eu dans la tête tout le temps :

Dans l’île de Ré
Ma belle adorée
Je t’emmènerai
Bientôt
Au mois le plus tendre
Le mois de septembre
Où l’on peut s’étendre
Bien seuls
Regardant la plaque
Des flots et les flaques
Que les soirées laquent
D’argent
Regardant les teintes
Allumées, éteintes
D’une toile peinte
Par un génie clair

 

Dans l’île de Ré
Ma belle adorée
Je t’emmènerai
Tout beau
Remontant l’aorte
D’une route accorte
Nous irons aux Portes
Au bout
Mes parents y vivent
Tout près de la rive
Brodée de salives
Nacrées
Là, la fleur marine
Par les deux narines
Grise la poitrine
D’un encens sucré

 

Sur le tapis mousse
De la plage rousse
Soudain je te pousse
Alors
Voici le célèbre
Cliché de vertèbres
De bras et de lèvres
Roulant
Sur le drap de sable
Que l’eau imbuvable
Lessive inlassable
Nettoie
Effaçant l’empreinte
Pourtant sacro-sainte
De la longue étreinte
De nos cœurs en croix

 

Quand la lune brule
L’îlot majuscule
Dont tintinnabulent
Les ports
Sur les pierres vieilles
Je nous appareille
De phrases vermeilles
Partons
Nous jetterons l’ancre
Dans le flacon d’encre
D’une nuit qu’échancre
Là-bas
Le phare sirène
Du cap des Baleines
Tournant la rengaine
D’amour d’au-delà

 

Dans l’île de Ré
Ma belle adorée
Je t’emmènerai
Demain
Ta main dans la mienne
Come rain or come shine
Comme reine ou comme chaîne
Je t’aime
Rois mages en cohorte
Barbe-Bleue des Portes
L’océan t’apporte
La clé
La clé du mystère
A toi, ma Miss Terre
Que tu sauras taire
Dans l’île de Ré

En la isla de Ré
mi bella adorada
te llevaré allí
dentro de poco
en el mes más tierno
el mes de septiembre
en el que nos podemos tumbar
solitos
mirando la placa
del oleaje y de los charcos
que las noches lacan
de plata
mirando los colores
encendidos, apagados
de una tela pintada
por un genio claro

 

En la isla de Ré
mi bella adorada
te llevaré allí
Muy guapo
subiendo la aorta
de una carretera amable
Iremos a Les Portes
En la extremidad
mis padres viven allí
cerquita de la orilla
bordeada de saliva
nacarada
Allí, la flor marina
a través de las ventanas de la nariz
embriaga el pecho
con incienso dulce

 

En la alfombra espuma
de la paya rojiza
de repente te empujo
entonces
he aquí la famosa
foto cliché de las vértebras
brazos y labios
rodando
en la sábana de arena
que el agua no potable
lava incansable
lava
borrando la huella
sin embargo sacrosanta
del largo abrazo
de nuestros corazones en cruz

 

Cuando quema la luna
el islote mayúsculo
del que cascabelean
los puertos
sobre las piedras viejas
Nos zarpo
con frases bermejas
Vámonos
echaremos anclas
al frasco de tinta
de una noche que escota
allí
el faro sirena
del cabo de la Ballena
rodando la cantinela
de amor de más allá

 

En la isla de Ré
mi bella adorada
te llevaré allí
mañana
tu mano en la mía
Come rain or come shine
Como reina o como una cadena
te quiero
reyes magos en hueste
barba azul de Les Portes (las puertas)
el océano te lleva
la llave
la llave del misterio
a ti, miss Tierra mía
que sabrás callar
en la isla de Ré

¡Me encantan las vacaciones!

J’adore les vacances !

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