Santa Cruz de Tenerife 1/2 : La ville – La ciudad

J’ai passé 15 jours en « séjour professionnel » (c’est comme ça que ça s’appelle) dans un établissement scolaire de Santa Cruz de Tenerife. Du tourisme professionnel, on pourrait dire.

Estuve 15 días en una « estancia profesional » (así se llama) en un centro escolar de Santa Cruz de Tenerife. Turismo laboral, se podría decir.

J’avais déjà été à Tenerife et avais adoré (cf les articles ici).

Ya había estado en Tenerife y me había encantado (ver los artículos aquí).

Voici quelques réflexions sur le sujet.

He ahí unos comentarios sobre el tema.

Jour 1. samedi 05 février 2022.

J’arrive à l’aéroport de Tenerife sud et prends le bus direction de mon lieu de résidence pendant 15 jours : Santa Cruz de Tenerife, la capitale. Une heure de bus vers le nord. On passe par l’autoroute de la côte ouest qui est totalement sacrifiée : des champs d’éoliennes, des zones commerciales d’entrepôts de commerce de gros, des champs de serres couvertes de plastique, des immeubles vue-sur-la-mer qui dégoulinent de part et d’autre de l’autoroute vers la mer, des citernes d’essence…

Día 1. Sábado 05 de febrero de 2022.

Llego al aeropuerto de Tenerife Sur y tomo la guagua (es el nombre del autobús allí, lo mismo que en Cuba) hasta mi lugar de residencia durante 15 días: Santa Cruz de Tenerife, la capital. Una hora de autobús hacia el norte. Pasamos por la autopista de la costa oeste totalmente sacrificada: campos de molinos de viento, zonas comerciales de almacenes al por mayor, campos de invernaderos cubiertos de plástico, edificios con vistas al mar que gotean a ambos lados de la autopista hacia el mar, depósitos de gasolina…

.

.

Dans le bus qui m’amène à Santa Cruz, pendant l’heure du trajet, à ma droite, un jeune allemand lit pendant tout le trajet un énorme pavé qui a l’air très savant ,sans jamais lever les yeux. Devant lui une dame, indifférente au monde qui l’entoure, est concentrée sur un jeu de type Tetris sur son smartphone. Je me rend à l’évidence qu’il y a quelque chose en commun entre eux deux.

En el autobús que me lleva a Santa Cruz, durante la hora de viaje, a mi derecha, un joven alemán lee durante todo el trayecto un enorme adoquín que parece muy erudito , sin levantar nunca la vista. Frente a él, una señora, indiferente al mundo que la rodea, está concentrada en un juego tipo Tetris en su móvil (celular). Tengo que admitir que hay algo en común entre los dos.

Dans toute l’île il y a des bus tout le temps pour aller partout.

En toda la isla hay autobuses a todas horas para ir a todas partes.

Santa Cruz, il y a le port en bas.

En Santa Cruz, está el puerto abajo.

.

.
.
.

Puis ça monte, sans arrêt.

Luego sube, sin parar.

 

C’est une ville énorme, qui a avalé San Cristóbal de la Laguna (la Laguna), qui a grandi vite et mal. Des immeubles plus ou moins chics, plus ou moins beau mais le plus souvent on y ose la couleur . Une conséquence du soleil omniprésent ? De la végétation ? Je ne sais pas si ça change grand chose au final pour les gens qui habitent ici mais moi ça m’attire l’œil.

Es una ciudad enorme, que se ha tragado a San Cristóbal de la Laguna (la Laguna), que ha crecido rápido y mal. Los edificios son más o menos chic, más o menos bonitos, pero la mayoría de las veces se atreven con el color. ¿Consecuencia del sol omnipresente? ¿La vegetación? No sé si eso cambia para algo la vida de la gente que vive aquí, pero a mí me llama la atención.

.

.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.

Moi je trouve que cette ville est plutôt moche, malgré un petit centre ville un peu plus ancien.

Para mí que esta ciudad es bastante fea, excepto un casco viejo algo más antiguo.

Pendant mon séjour il y avait un débat pour savoir si la mairie de droite allait obéir à la loi et enfin accepter d’enlever les traces de la dictature franquiste qui ici prend la forme, entre mille autres choses, de gigantesques monuments célébrant Franco sur deux places centrales de la ville. Ambiance… (cf ci-dessous)

Durante mi estancia se debatía si la alcaldía de derechas cumpliría la ley y aceptaría finalmente retirar las huellas de la dictadura franquista, que aquí toma la forma, entre otras mil cosas, de gigantescos monumentos que celebran a Franco en dos plazas céntricas de la ciudad. Para que veas. (fotos abajo)

.

.
.

.

Jour 2. Dimanche

9h00. Un groupe d’une trentaine d’hommes – seulement des hommes – réunis sur le trottoir au milieu de nulle part un dimanche de bon matin ?! Ce sont des papas qui ont amenés leurs enfants à la compétition. De sport.

Dans les parcs de gigantesque plantes exotiques qui ici ne le sont pas.

Día 2. Domingo.
Las 9. ¿¡Un grupo de unos treinta hombres – solo hombres – reunidos en la acera en medio de la nada un domingo por la mañana temprano?! Son padres que han llevado a sus hijos a la competición. De deporte.

En los parques gigantescas plantas exóticas que aquí no lo son.

.

.
.
.

Le marché « Nuestra Señora de África » dans le centre a été nommé ainsi pour plaire à la femme d’un général franquiste. C’est un décor de carton-pâte à la Walt Disney où on ne s’étonnerait pas de voir surgir Don Diego de la Vega et le Sergent García.

El mercado de « Nuestra Señora de África » en el centro lleva el nombre de la esposa de un general franquista. Es un escenario tipo Walt Disney donde no te extrañaría ver aparecer a Don Diego de la Vega y al Sargento García.

.

.

11h00. Un jeune père attablé à la terrasse du bar. Visiblement il s’impatiente et s’ennuie à mourir : il regarde à droite à gauche, fait trembler sa jambe, gesticule sur sa chaise. En face de lui sa fillette (3 ou 4 ans) joue sur le smartphone de son père dont le son est réglé bien trop fort. Être là où on est. Pas sûr qu’il et elle y arrivent un jour.

11h00. Un joven padre sentado en la terraza del bar. Es evidente que está impaciente y se aburre muchísimo: mira de un lado a otro, sacude la pierna, gesticula en su silla. Frente a él, su hija pequeña (3 o 4 años) juega con el móvil del padre, cuyo sonido está demasiado alto. Estar donde estás. No estoy seguro de que él y ella lleguen a hacerlo algún día.

TEA (Tenerife Espacio de las Artes). Comme d’habitude un bâtiment immense, impressionnant, avec des volumes intérieurs grandioses, les meilleures expositions de l’île, une bibliothèque gigantesque, des activités pour les enfants dont les parents ont un fort capital culturel (et donc souvent financier). Le tout est gratuit, convenu (surréalisme, les ruines modernes, l’antiracisme bon teint), a coûté un fric dingue mais, de toute façon, c’est cyniquement bien moins cher et bien plus tangible et visible que l’éducation de la population à l’esthétique et à l’art.

TEA (Tenerife Espacio de las Artes). Como de costumbre, un edificio enorme, impresionante, con interiores grandiosos, las mejores exposiciones de la isla, una biblioteca gigantesca, actividades para los niños cuyos padres tienen mucho capital cultural (y, por tanto, a menudo capital financiero). Todo ello es gratuito, consensuado (surrealismo, ruinas modernas, antirracismo de buen tono), cuesta mucho dinero pero, en cualquier caso, es cínicamente mucho más barato y mucho más tangible y visible que educar a la población en la estética y el arte.

.

.
.
.
.
.
.
.
.
.

Le musée des Beaux Arts collectionne les croûtes. Comme c’est gratuit on se réjouira de l’esthétique un peu surannée des lieux à condition de ne pas s’attarder sur les œuvres.

El Museo de Bellas Artes colecciona los cuadruchos. Como es gratis, le agradará la estética ligeramente anticuada del lugar, siempre que no se entretenga con las obras.

.

Sur la place devant le musée des Beaux Arts – En la plaza enfrente del museo de Bellas Artes
.
.
.
.

Le Centre d’Art de la Recoveca propose des œuvres d’artistes locaux. Apparemment la sélection repose sur le réseau local et pas sur la qualité…

El Centro de Arte Recoveca ofrece obras de artistas locales. Al parecer, la selección se basa en la red local y no en la calidad…

Il n’existe plus de plan papier des lignes de bus et de tramway. Il en résulte une impossibilité d’avoir une vue d’ensemble pour hésiter. Il faut maintenant choisir un point A de départ et un point B d’arrivée et se laisser guider par l’application de son smartphone. C’est ça : ne pas hésiter, savoir où on va et se laisser guider. Ça fait pas envie.

Ya no existe un mapa en papel de las líneas de autobús y tranvía. Esto hace que sea imposible tener una visión general para dudar. Ahora tienes que elegir un punto A de salida y un punto B de llegada y dejarte guiar por la aplicación en tu móvil. Eso es: no dudes, sabe adónde vas y déjate guiar. No me da la gana.

À quoi voit-on la misère ?

Comment savoir le niveau de vie des habitant-e ?

Peut-être avec quelques critères infaillibles.

Au nombre non négligeable de mendiants qui, discrètement, honteusement, et de façon opportuniste demande un petit quelque chose, même dans des zones peu fréquentées, d’autant plus si vous vous promenez avec un appareil photo mais pas seulement.

Au nombre de personnes qui parlent toute seule dans la rue au lieu d’être suivies en hôpital psychiatrique.

Au nombre impressionnant d’adultes qui ont le dos cassé, les rides trop profondes, la peau trop mâchée, la taille trop petite, qui sont trop maigres ou trop grosses, bref qui sont trop… à force de « pas assez ». Trop de carences.

Au nombre anormalement important de vêtements de sport bon marché portés.

À la proportion de voitures de modèle vétuste, de petite taille, au mauvaise état de leur peinture.

Au nombre conséquent de poivrot-es le matin dans les bars et au prix des consommations : au bar du coin, le demi vaut 1 euro et le café 80 centimes.

Au record de bénéficiaires, de tout l’État espagnol, le mois où le SMIC passe à 1000 euros.

Au nombre de migrant-es reçu-es : de 20 à 30.000 par an.

Le quotidien local indiquait pour les Canaries : 1 militaire pour 145 habitant-e, un psychologue pour 17.OOO, un travailleur social pour 24.000 et une matrona sage femme pour 100.000.

¿Cómo se echa de ver la pobreza?

¿Cómo sabemos el nivel de vida de los habitantes?

Quizás con algunos criterios infalibles.

Por la cantidad de mendigos que, de forma discreta, vergonzosa y oportunista, piden algo, incluso en zonas poco transitadas, sobre todo uno si se pasea con una cámara pero incluso si no.

Por el número de personas que hablan solas en la calle en lugar de estar ingresadas en un hospital psiquiátrico.

Por la impresionante cantidad de adultos que tienen la espalda rota, arrugas demasiado profundas, la piel demasiado ajada, la cintura demasiado pequeña, que están demasiado delgados o demasiado gordos, en definitiva, que son demasiado… a fuerza de « no tener suficiente ». Demasiadas deficiencias.

Por la cantidad anormalmente grande de gente que viste de ropa deportiva barata.

por la proporción de coches viejos y pequeños con pintura en mal estado.

Por la gran cantidad de borrachos por la mañana en los bares y el precio de las bebidas: en el bar local, una caña vale 1 euro y un café solo 80 céntimos.

Por el récord de beneficiarios en toda España en el mes en que el salario mínimo sube a 1.000 euros.

Por le número de migrantes acogidxs: entre 20 a 30.000 al año.

El periódico local indicaba que en Canarias hay un soldado por cada 145 habitantes, un psicólogo por cada 17.000, un trabajador social por cada 24.000 y una matrona por cada 100.000.

Dans l’établissement scolaire, dans la rue ci-dessous…

En el centro escolar, en la calle abajo…

.

.
.

la directrice m’a confirmé que la majorité des parents était soit au chômage soit vivotaient de petits boulots ou trafics.

La directora confirmó que la mayoría de los padres estaban desempleados o vivían del trabajo informal o de tráficos.

Parmi les élèves latino-américain-es on trouve beaucoup de vénézuéliens et un peu moins de colombiens car il y a des accords internationaux entre l’État espagnol et ces deux pays pour que les descendant-es des migrant-es canarien-nes qui se sont implanté-es surtout dans ces deux pays puissent avoir des papiers pour vivre aux Canaries.

Entre lxs estudiantes latinoamericanxs hay muchxs venezolanxs y un poco menos colombianxs porque hay acuerdos internacionales entre el Estado español y estos dos países para que lxs descendientxs de emigrantes canarixs que se han establecido principalmente en estos dos países puedan tener papeles para vivir en Canarias.

Dernière remarque en passant : un des trois plus grand télescope terrestre est aux Canaries. Une loi impose aux collectivités territoriales que tous les lampions n’éclairent que le sol.

Un último comentario: uno de los tres mayores telescopios del planeta está en las Islas Canarias. Una ley obliga a las autoridades locales a garantizar que todas los faroles se orienten solo hacia el suelo.

 

2 reflexions sur “Santa Cruz de Tenerife 1/2 : La ville – La ciudad

  1. Marga

    Anda!. Me ha sorprendido tu comentario final, no sabía lo de las farolas. Una gran parte de españoles, insulares y peninsulares, también anda cabizbaja por el panorama político, social y económico que tenemos encima.

  2. Pascal

    Desgraciadamente aquí no andamos mucho mejor aunque nos salió una alternativa de izquierdas inesperada

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.