Donostia – Saint Sébastien (2/2)

En cuanto se habla de nación, nada más complicado.

Dès qu’on parle de nation, rien n’est simple.

Estamos, claro está, en el estado español, en la autonomía que se llama Euskadi, que se compone de tres provincias y Donosti es la capital de Guipuzcoa.

On se trouve, c’est sûr, dans l’État espagnol, dans la communauté administratif basque appelée Euskadi, qui se compose de trois départements, Saint Sébastien étant la préfecture de l’un d’entre eux, Guipuzcoa

Aparte de lo administrativo, al nivel cultural, se nota algunos aspectos típicamente español en cuanto pasas la frontera : bares por todas partes, un sinfín de academias de idiomas (inglés, francés, etc), tradiciones culinares…

Hormis le côté administratif, au niveau culturel, on remarque quelques aspects typiquement espagnols dès qu’on passe la frontière : des bars partout, un nombre impressionnant d’académie privé de langues (anglais, français, etc.); des traditions culinaires…

donosti2donosti1« huile de cuisine usagée »

 Pero un indicio de que la cosa es complicada es el idioma vasco, el euskera

Mais un indice que la chose est plus compliquée que ça c’est la langue basque, l’euskera

201402donostia_euskadi11Como se nota, nada que ver con el castellano.

Comme on le voit, rien à voir avec la langue espagnole

Se notan también los apellidos habituales, fruto de la historia peculiar de estos lares

On voit ça aussi dans les noms propres, fruit d’une histoire particulière au lieu

donosti31 donosti30y el bilinguismo por todas partes:

et le bilingüisme partout :

donosti32Permíteme un recuerdo de mi juventud alejadora (ya sé que no existe la palabra). Cuando se pasaba la frontera años 1980 como yo, se veía pintadas a mano sobre los carteles de la carretera. Se había tachado « San Sebastián » por ejemplo y se había escrito « Donostia ». Era una de las campañas  para que el idioma vasco se reconociera, y eso en una época en la que el Estado español mataba y torturaba a destajo contra todo lo que no era cultura española.

Permettez-moi un souvenir de ma jeunesse éloigneresse (oui, je sais, le mot n’existe pas). Quand on passait la frontière dans les années 1980 comme moi, on voyait des tags peints à la main sur les panneaux routiers. Le mot « San Sebastián » était rayé pour être remplacé par « Donostia ». C’était une des nombreuses campagnes pour que la langue basque soit reconnue, à une époque où l’État espagnol tuait et torturait à loisirs contre tout ce qui n’était pas culture espagnole.

Ahora las familias pueden escoger su sistema educativo y escogen con mayoría aplastante el sistema de educación todo en euskera. ¡Cómo cambian las cosas en treinta años!

Maintenant les familles ont la possibilité de choisir leur système éducatif et elles choisissent dans une écrasante majorité le système éducatif avec un enseignement tout en euskera. Comme les choses changent en trente ans !

Otro cambio increíble para mí que fui testigo desde lejos de los años de represión (represión en nombre de la lucha contra el terrorismo de ETA) es que los partidos nacionalistas PNV (derecha) y Bilbu (coalición de izquierda liderada por la izquierda radical que era ilegal hasta hasta… 2011) se están convirtiendo en voto mayoritario en Euskadi. Por ejemplo ¡el alcalde de Donostia es de Bildu!

Autre changement incroyable pour moi qui ait été un témoin lointain des années de répression (répression au nom de la lutte contre le terrorisme de ETA) c’est que les partis nationalistes, le PNV (droite), et Bildu (coalition de gauche dominée par la gauche radicale qui était illégale jusqu’en… 2011 !) sont en train de devenir majoritaire aux élections en Euskadi. Par exemple le maire de Donostia est un militant de Bildu !

201402donostia_balneario4Hasta podemos contemplar la posibilidad de que los votos a favor de Bildu vayan a aumentar también en la comunidad vecina de Navarra. Nada es fácil en cuanto se habla de nación y de idioma… Y si recordamos el que el país vasco existe también en Francia al otro lado de la frontera…

Il existe même la possibilité réelle que ce phénomène se retrouve dans la communauté voisine de la Navarre. Et si on se rappelle le fait que le pays basque se poursuit en France de l’autre côté de la frontière….

¿Por qué hablar del tema ahora ? Por lo de Ukrania, vale. Pero también porque este debate es muy candente en España, entre una derecha españolista cavernícola que tiene mayoría absoluta en el parlamento español en Madrid, y un abanico de fuerzas mayoritarias  en el parlamento catalán. Se va a organizar un referendum en Cataluña sobre la independencia en noviembre de … 2014.

Pourquoi en parler maintenant ? Pour l’Ukraine, certes. Mais aussi parce que ce débat est vif en Espagne sur ce sujet, entre une droite espagnoliste cavernicole au pouvoir absolu au parlement à Madrid et un arc de forces majoritaire au parlement catalan. La Catalogne va organiser un référendum pour l’indépendance en novembre … 2014.

Pero lo de Cataluña no es Euskadi porque en Euskadi hubo muchas víctimas, por parte de la ETA (atentados, ejecuciones) o del Estado español (tortura, cárceles, exilio, asesinatos). Otra cosa increíble hasta hace poco es que las víctimas de los dos bandos empiezan a hablarse, al nivel de coloquios, ceremonias y en los  bares. La palabra circula otra vez y la gente se empeña en intentar de escuchar al/ a la prójimx, lo que ya es mucho si recordamos la cantidad de sufrimiento acumulado durante decenios.

Une des grosses différences entre la Catalogne et Euskadi c’est qu’il y a eu beaucoup de victimes au pays basque, causées par ETA (attentats, exécutions) ou par l’État espagnol (tortures, prisons, exils, asassinats). Autre chose incroyable jusqu’il y a peu : les victimes des deux camps commencent à se parler, dans des coloques, des cérémonies et même dans les bars. La parole circule de nouveau et les gens s’efforcent d’essayer d’écouter son/sa prochain.e, ce qui est énorme si on se rappelle la quantité de souffrance accumulée pendant des décénies.

201402donostia_puerto5Solo un tapón para que la situación evolucione más rápido : la cuestión de los presos (alejadxs de Euskadi adrede por distanciarles de su familia) y los exiliadxs en el extranjero. Forma parte de la solución política pero la derecha cavernícola en el poder en Madrid se atiene a un discurso de venganza, y se niega a considerar el desarme unilateral de la ETA, hace como si no le interesara el final  de un movimiento armado en el país.

Il reste un gros bouchon au pays basque pour que la situation se décongestionne : que les prisonnier.es (éloigné.es exprès de Euskadi pour mettre de la distance avec leur famille) et les éxilé.es (dans d’autres pays)  puissent revenir au pays basque. Cela fait partie de la solution politique mais la droite cavernicole au pouvoir à Madrid s’en tient à un discours de vengeance, et elle se refuse à prendre en considération le désarmement unilatéral de ETA, elle fait comme si elle n’était pas intéressée par la fin d’un mouvement armé sur son territoire.

En la hermosa y céntrica plaza, plaza de la Consitución, se ven estos carteles que rezan: »Presoa eta irheslariak, etxera« 

Sur la belle place centrale de la Consitución on voit ces affiches qui disent : « Presoa eta irheslariak, etxera« 

donosti16

« Presxs…

« Prisonnier.es…

donosti17…y exiliadxs, ¡qué puedan volver…

…et exilé.es, qu’ils/elles puissent rentrer…

donosti14

A casa en Euskadi! »

chez eux/elles au pays basque ! »

donosti15 El porvenir ha de pasar por esta solución

L’avenir passe par là

donosti41¡que puedan volver a Euskadi!

Qu’ils/elles puissent rentrer chez eux/elles au pays basque !

donosti40Yo también digo: Presoa eta irheslariak, etxera

Je le dis moi aussi : Presoa eta irheslariak, etxera

donosti37

Une réflexion au sujet de “Donostia – Saint Sébastien (2/2)

  1. Pingback: Provincia de Teruel 1/6 – Un flâneur à Poitiers

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